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1er mai : petit rappel historique...

30 Avril 2012 , Rédigé par CGT AAJB Publié dans #Actualités

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Après la récente polémique déclenchée par Nicolas Sarkozy au sujet de la fête du 1er Mai, un bref rappel historique s'impose !  

 

 

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs américains d'obtenir la journée de 8 heures (une des "utopies" de l'époque, comme celle aujourd'hui d’un Smic décent pour pouvoir vivre dignement…). En souvenir de ce succès, les syndicats européens, quelques années plus tard, instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs» destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd'hui plus volontiers appelée «Fête du Travail», bien que l'expression prête à confusion...

 

Au IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable. Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.


Le 3 mai, lors d'une manifestation pacifique, des ouvriers grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago, sont tirés à bout portant par des milices patronales qui font trois morts. Une marche de protestation a lieu dès le lendemain et tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. La police tire sur les grévistes qui répliquent. Des dizaines de morts et de blessés restent sur le carreau. Les meneurs de la manifestation sont arrêtés et condamnés à la pendaison le 11 novembre 1887. Ils seront réhabilités (à titre posthume) le 26 juin 1993 et déclarés innocents.

 

En 1889, à l’occasion de son congrès à Paris, l'Internationale socialiste se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé), sachant que jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale). Sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/L%27intransigeant.JPGCette journée ne s'est pas imposée sans résistance en France. Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation tourne au drame. La troupe tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée. Jean Jaurès se rendra même peu après à Fourmies pour y prononcer un discours tandis que Georges Clémenceau déclarera devant les députés que « c'est le Quatrième état qui s'est levé ».

 

Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. L'horizon paraît s'éclaircir après la Première Guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 «l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue».

 

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge.


Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.


Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum. 


C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la "Fête du Travail et de la Concorde sociale"  et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. L’initiative en revient à René Belin, ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT devenu secrétaire d’État au travail dans le gouvernement de François Darlan.


En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait inscrire dans le Code du travail le 1er mai comme jour férié, chômé et payé... mais n'en fait pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.....


 

Beaucoup à gauche voudraient que la "fête du Travail" redevienne la "fête des Travailleurs", rejetant ainsi l'appropriation que s'en était faite le régime dui Maréchal de Pétain. 

 

 

 

 

Pour compléter :

 

Historique du 1er mai écrit en 1896

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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