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Conseil Supérieur du Travail Social (CSTS) : une nécessaire mission de veille pour les professionnels

17 Décembre 2009 , Rédigé par cgt aajb Publié dans #Marchandisation du social


À l’issue de sa 6 ème  mandature, le Conseil Supérieur du Travail Social (CSTS) présentait ses travaux, le 30 novembre 2009, sur « Le travail social aujourd’hui et demain », « l’Intervention Sociale d’Intérêt Collectif ».
 
Nous retenons de la présentation que le travail social s’identifie autour de 14 diplômes qui structurent l’identité professionnelle et constituent une garantie pour l’usager.
 

Dans  un  contexte  d’exercice  fortement  marqué  par  la  crise  économique,  un  chômage structurel,  l’augmentation  des  besoins  sociaux,  l’affaiblissement  des  moyens  d’intégration sociale,  les  politiques  publiques  d’action  sociale  conduisent  vers  deux  évolutions  qui  se combinent,  « la  marchandisation  de  l’action  sociale »  et  « la  tendance  à  un  social  de repli » sur le caritatif, sur « l’immédiateté du cœur ». 
 
Ce séminaire confirme que le travail social pour s’exercer a besoin de temps, de marge de manœuvre  pour  faire  du  sur-mesure,  dans  le  respect  des  personnes  et  de  leur  parcours singulier, dans le respect des pratiques professionnelles, dont le secret professionnel.
Le  rapport  invite  « les  travailleurs  sociaux  et  les  instances  qui  les  regroupent  à conforter  leurs  appuis »  sur  les  valeurs  républicaines,  les  droits  de  l’homme,  le respect des personnes, la solidarité.

Comment  faire  vivre  cet  engagement  professionnel  qui  s’appuie  aussi  sur  le  sens  des responsabilités  des  travailleurs  sociaux  dans  un  cadre  institutionnel  où  l’activité  est contrainte dans des protocoles, sur des activités « ciblées » en fonction des financements ?
Les  professionnels  expriment  largement  le  sentiment  de  se  sentir  dépossédés  de  leurs missions  et  s’interrogent  sur  le  sens  de  leur  travail :  « ce  pourquoi  on  est  là  n’est  pas  ce qu’on attend de nous ». 

Même si dans une telle instance le débat est feutré, diverses problématiques du secteur ont été posées : la mise en péril d’interventions assurées par le secteur professionnel associatif, en raison de l’incessante réduction des financements publics ; la difficulté de pérenniser des pratiques innovantes et reconnues par l’absence de dotation budgétaire ; les difficultés pour les étudiants à trouver des terrains de stages ; le contexte sécuritaire qui pollue l’intervention en travail social…

Sur  le  volet  sécuritaire,  le  directeur  de  Cabinet  de  Mme  Morano  a  pu  constater la désapprobation des professionnels lors de l’évocation de la tenue des États généraux de l’Enfance en 2010, annoncés le 20 novembre par le président de la République, avec comme  premier  objectif  « d’améliorer  la  transmission  de  l’information  préoccupante prévue par la loi du 5 mars 2007, pour éviter que le nomadisme de certaines familles ne  leur  permette  d’échapper  au  contrôle et  à  la  surveillance  des  services  sociaux. »
Pour  reprendre  l’expression  de  l’ANAS,  cette  annonce  est  une  « information  extrêmement préoccupante » et s’inscrit a contrario de tout ce qui a été développé lors de ce séminaire.
Déjà,  l’anniversaire  du  20 ème   anniversaire  de  la  Convention  Internationale  des  Droits  de l’Enfant  (CIDE),  avait  été  précédé  par  la  suppression  brutale  de  l’institution  de  la « Défenseure des enfants ».
 
Le CSTS devrait poursuivre ses missions dans une 7 ème  mandature, mais dans une nouvelle configuration qui reste à clarifier.

Pour la CGT, comme nous l’avons déjà indiqué, le CSTS, qui a acquis une autorité et une légitimité, doit avoir les moyens institutionnels, humains et matériels d’assumer ses missions, bien au-delà du cadre actuel. Sa composition doit garantir toutes les représentations, dans leurs     diversités,     du     champ     professionnel :     salariés,     employeurs,     formateurs, administrations…
 
Les  professionnels  peuvent  s’emparer  de  ces  travaux  pour  conduire  une  réflexion collective sur les lieux de travail, sur leurs missions en travail social et  se mobiliser pour  obtenir  les  moyens  en  effectifs,  en  formation,  avec  reconnaissance  de  leur qualification,    en  organisation  dans  le  respect  de  leurs  missions,  des  garanties statutaires ou conventionnelles.
 
Nous sommes disponibles pour cela.

 
 
 
Montreuil, le 3 décembre 2009



 

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