CGT AAJB

Les Risques du Métier...

15 Janvier 2013 , Rédigé par CGT AAJB Publié dans #AAJB

 

Une condamnation qui interroge


400 euros. Telle est la somme dont devra s’acquitter une éducatrice de l’ITEP Vallée de l’Odon après être passée devant le substitut du Procureur dans le cadre d’une procédure de « composition pénale ». Cette condamnation pour « violence par une personne chargée d’une mission de service public » fait suite à une plainte déposée à son encontre. Son délit ? Avoir, dans un geste réactionnel malencontreux, giflé un enfant qui venait de lui asséner un coup de pied.

Si ce type d’évènement reste rare, il n’en rappelle pas moins les risques inhérents à nos métiers. Confrontés à des conditions d’exercice professionnel toujours délicates voire difficiles, notamment en raison des problématiques de plus en plus complexes des publics accueillis, chacun d’entre nous peut être amené à vivre pareille situation. Ceci est d’autant plus vrai avec des usagers pour lesquels la violence reste un mode d’expression dominant.  

 

 

Des sanctions à géométrie variable !


Sitôt les faits connus (ceux-ci dataient de plusieurs mois), la Direction de l’ITEP a déclenché une procédure de signalement auprès des autorités (ARS et Procureur) comme l’y contraignent les dispositions réglementaires relatives à la « lutte contre la maltraitance ». C’est en tout cas ce qui nous a été répondu. Pourquoi alors cette procédure n’est-elle pas appliquée partout et en toutes circonstances ? Pourquoi certains actes de même nature n’ont-ils pas été sanctionnés de la même manière ?

 

 

Double peine ?

 

Au moment même où les conditions de travail se dégradent toujours plus sous l’effet des coupes budgétaires, des restructurations incessantes et de la remise en cause de nos garanties collectives, les professionnels en charge des usagers voient donc les risques s’accroître en cas de faute. Aux sanctions disciplinaires s’ajoute désormais la menace de  poursuites pénales. La judiciarisation des rapports entre professionnels et usagers est donc en passe de constituer un risque majeur pour les professionnels de terrain.

 

 

Quelle protection pour les salariés ?


C’est dans ce contexte que nous assistons également au délitement des liens de confiance qui unissent professionnels de terrain et équipes de direction. On sait déjà depuis un certain temps que les préoccupations purement gestionnaires occupent une place prédominante dans l’activité des directions d’établissement. On découvre aussi depuis peu les effets délétères du « management » qui vise à gérer les relations professionnelles sur le mode des « ressources humaines ». Cela se traduit concrètement par un soutien de plus en plus aléatoire auprès des équipes, par un recul de l’approche clinique et une remise en cause des savoir-faire des professionnels.

 

 

 

Face à cette situation, les syndicats CGT et SUD de l’AAJB réclament :

 

Un protocole associatif :


  • clarifiant la procédure suivie par les directions dans la gestion de ce type de situation ;

 

  • précisant les conditions dans lesquelles le salarié impliqué pourra se faire assister par des représentants du personnel ;

 

  • indiquant les modalités d’information faite au CHSCT.

 

 L’inscription au règlement intérieur de chaque établissement du droit d’alerte et du droit de retrait.

 

 

 

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