RSA : un mirroir aux alouettes ?
L'annonce de l'instauration d'un Revenu de Solidarité Active a été largement commentée dans les médias. On a certes pu entendre quelques protestations sur les mécanismes de financement (taxation
des revenus du capital), mais le RSA a globalement fait l'unanimité dans la classe politique. Pourtant, à bien étudier ce nouveau dispositif censé favoriser la réinsertion des "exclus", on mesure
l'écart entre les discours généreux et la réalité.
Il faut tout d'abord rappeler que les gros revenus ne seront pas mis à contribution puisqu'ils bénéficient désormais de la protection du fameux bouclier fiscal.
Ensuite, le financement de cette mesure pourrait bien finalement peser sur le budget des ménages par le biais de l'incidence fiscale, comme le montre fort bien cet article. Il ne serait somme toute pas très étonnant de voir les prélèvements liés au RSA se
traduire par une pression accrue sur les salaires et une hausse des prix à la consommation.
Autre aspect du RSA, à première vue paradoxal et qui recoupe en partie le constat précédent : le développement du "paupérisme" sous couvert de lutte contre la pauvreté. Cette nouvelle
aide publique pourrait effectivement favoriser les emplois temporaires ou à temps partiel et donc aggraver la précarité en "subventionnant" des postes de travailleurs
pauvres. Ces remarques sont développées ici ou là.
Même si la situation d'un certain nombre de personnes se verra ponctuellement améliorée, la mise en oeuvre du RSA risque donc aussi de les maintenir dans des emplois précaires. On est trè
loin de régler ainsi la question des travailleurs pauvres et des privés d'emploi (dont les besoins ne se limitent d'ailleurs pas à une incitation financière mais relèvent aussi de
l'accompagnement social). Plus que jamais, il apparait nécessaire de se battre à leurs côtés pour exiger des patrons et des pouvoirs publics un travail et un salaire décents.
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