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La situation de l'emploi

8 Avril 2009 , Rédigé par cgt aajb Publié dans #Actualités


La situation de l’emploi s’est sérieusement dégradée dans notre pays. Selon les chiffres du ministère du travail (Dares), 2 384 800 chômeurs sont inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) à la fin février 2009. Soit une hausse de 19% en l’espace d’un an ! Il faut ajouter 1 018 900 personnes inscrites en catégorie B et C (exerçant une activité réduite, courte ou longue). Les jeunes sont les plus exposés, puisque le nombre d’inscrits de moins de 25 ans au chômage a explosé de 32% en un an (catégorie A). Les fins de CDD représentent 25,3% des entrées au chômage ( + 7,8% en un an ) et les fins de missions d’intérim 9,7 % (+ 16,2% en un an). Les licenciements économiques représentent 4,1% des inscrits à Pôle emploi, mais accusent une hausse de 31,4 % sur un an. Encore ces chiffres ne tiennent-ils pas compte de la situation des salariés en chômage partiel (350 000 environ) ou de ceux bénéficiant d’un congé de reclassement, d’une convention de reclassement personnalisée (CRP), d’un contrat de transition professionnel (CTP), qui décalent dans le temps l’inscription au chômage.


Les prévisions pour l’année 2009 ne sont pas du tout réjouissantes. On a recensé 200 000 chômeurs supplémentaires au cours des deux premiers mois de l’année et l’Insee annonce 387 000 destructions d’emplois dans le secteur marchand pour le premier semestre.


Cette situation est bien entendue liée à la conjoncture économique. Nous avons connu deux trimestres de croissance négative l’an passé et les perspectives pour 2009 sont encore plus sombres. La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qui pronostiquait il y a peu encore une croissance de + 0,2% à + 0,5% cette année, annonce désormais une contraction du PIB à hauteur de 1,5%. Mais la dernière note de conjoncture publiée par l’Insee pronostique un recul de l’activité de 2,9% dès la fin juin 2009 !


Pour certains employeurs la crise a bon dos, comme a été obligé de le reconnaître Nicolas Sarkozy dans son discours de Rethel. Nombre d’entreprises réalisent des bénéfices substantiels et licencient des milliers de salariés, à l’image de Total par exemple. Renault et PSA viennent de toucher 6 milliards d’euros de l’Etat, mais annoncent simultanément la suppression de 10 000 emplois. Les plans sociaux, les délocalisations, les restructurations s’accélèrent. L’industrie perd 40 000 emplois tous les mois et des branches entières sont menacées de disparition. Le secteur tertiaire, pour la première fois de son histoire, détruit également plus d’emplois qu’il n’en crée.

 

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