1er mai : Face à une crise mondiale, une lutte internationale
Ces derniers temps, nous avons pu assister à des explosions de colère dans de nombreuses entreprises, que ce soit contre les licenciements, pour le paiement des jours de chômage partiel, ou pour des hausses de salaires comme la grève générale des salariés de Guadeloupe et de Martinique qui ont obtenu 200 euros d’augmentation sur les bas salaires, montrant que la lutte paie !
Le 1er Mai est depuis ses origines une journée de lutte internationale du monde du travail pour ses revendications et son aspiration à plus de bien-être et de liberté. Si la crise actuelle, provoquée par la soif de profits d’une minorité de grands actionnaires et de banquiers, touche l’ensemble des pays, il n’est pas inutile de rappeler que partout des salariés se lèvent et luttent pour refuser de payer cette crise.
En Allemagne, 55.000 personnes ont manifesté le 28 mars à Berlin et à Francfort sous le mot d’ordre « Nous ne paierons
pas votre crise » ; le 2 avril, la grève générale fut un succès en Grèce avec plus de 10.000 manifestants à Athènes derrière une banderole «on n’a pas causé la crise, on ne la
paiera pas » ; à Rome, en Italie, ce sont plus de deux millions de salariés qui ont répondu à l’appel des syndicats à manifester le 4 avril contre la casse des acquis sociaux ;
en Autriche, enseignants et élèves se mobilisent contre les baisses budgétaires dans l’éducation ; au Royaume-Uni, les ouvriers de Ford-Visteon occupent leur
usine et des grèves éclatent dans différents secteurs (poste, éducation, etc.), en Bulgarie, ce sont des milliers de métallurgistes qui ont manifesté à Sofia, en
Ukraine, les mineurs de Donetsk occupent les mines pour le paiement de leurs salaires, et même la Principauté de Monaco a connu une manifestation de 3.000
salariés le 16 avril. Et cela sans parler des révoltes populaires qui ont secoué l’Islande par exemple et de bien d’autres luttes à travers le continent. En
Croatie, les organisations syndicales se préparent aussi à une mobilisation exceptionnelle. Cette situation n’est pas propre à l’Europe. Aux USA, après la grève
avec occupation de l’usine Windows and Doors à Chicago (la première depuis la vague de grèves avec occupation des années 30), les luttes se multiplient comme celle des enseignants à Memphis, en
Bolivie, les 400 travailleurs de l’usine Manaco viennent d’obtenir 15% d’augmentation suite à leur grève, au Chili, plus de 12.000 ouvriers ont manifesté dans
les rues de Santiago contre les licenciements, les salariés de la fonction publique du Suriname ont fait deux jours de grève début avril, en Algérie, les
ouvriers d’Arcelor se mettent en grève le 16 avril alors que les cheminots sont en grève illimitée depuis le 5 avril ; au Sénégal, il est question d’une grève générale après le
1er Mai si les revendications des salariés ne sont pas satisfaites. Et même les menaces de répression ne parviennent pas à faire taire la colère du monde du travail. En Iran, les
ouvriers de l’usine Par-Risse (Samandaj) ont manifesté contre les licenciements ce qui a conduit à quatre arrestations, en Chine, un millier de travailleurs du textile sont en
lutte depuis début avril pour le paiement de leurs salaires à Chongqoing, et en Égypte, les ouvriers de Mahallah se prépare à une nouvelle grève face à la hausse des prix,
ouvriers qui avaient payé leur précédente grève en 2008 par des arrestations, des tortures et même des morts . Et en Turquie, après la répression qui s’est abattue sur les
manifestations du 1er Mai en 2007 et 2008, les organisations syndicales ont déjà annoncé que la manifestation se tiendra place Taksim d’Istanbul, lieu du massacre du 1er mai 1977, et dont l’accès
a été bloqué par la police les années précédentes.
Au-delà des frontières, le 1er Mai est l’occasion pour le monde du travail de montrer son unité et de lutter pour ses revendications. Dans tous les pays, nous serons des dizaines de millions sinon plus à défiler dans des principales villes, pour dire que, quelque soit notre nationalité, nous ne formons qu’un seul monde du travail et que nous refusons de payer pour la crise des plus riches !
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