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CC 66 : les menaces se précisent

19 Mai 2009 , Rédigé par cgt aajb Publié dans #Conventions Collectives


A l'appel des organisations syndicales CFTC, CGC, CGT, FO et SUD, une journée d'action avait lieu ce 19 mai pour la défense et l'amélioration de la convention collective 66. 

Le matin, une délégation composée de la CGT, de FO et de SUD a rencontré les délégués régionaux du SNASEA et du SOP. 

Le moins que l'on puisse dire est que cette rencontre n'a pas permis de lever les inquiétudes autour de la remise en cause de nos acquis. Bien au contraire.

Après avoir minimisé la mobilisation des personnels, la délégation employeurs nous a plus ou moins expliqué que notre convention était vouée à se transformer en un simple "filet de sécurité", améliorant tout juste un Code du travail jugé agonisant, et rehaussée d'accords d'entreprise négociés au plus près des spécificités locales. Autant dire qu'il s'agirait de transformer la convention collective en une coquille vide et de permettre ainsi un individualisation forcenée du rapport entre l'employeur et le salarié. 

D'ailleurs, lorsqu'on aborde la question des classifications, nos représentants employeurs sont relativement cohérents : pour eux, les "compétences" doivent devenir le critère central dans le recrutement des personnels. La détention d'un diplôme ne serait donc plus suffisant : il faudrait y ajouter un "supplément d'âme" dont eux seuls seraient juges. On imagine tout à fait l'équité d'un tel système. Il faudra se prévaloir de bien des "mérites" pour oser postuler dans tel ou tel service.

Quant aux rémunérations il en sera de même. Elles seront adaptées aux spécificités du poste et négociées quasiment au cas par cas. On repassera pour l'égalité de traitement. En revanche, on pourra toujours récompenser les plus dociles ou les plus compréhensifs. De la discrimination positive en quelque sorte...

Bref, l'impression qui se dégage est que rien n'a réellement changé depuis décembre 2008. Nos employeurs n'ont pas renoncé à leurs intentions initiales et plus que jamais la CC 66 est en danger.

L'après-midi un rassemblement a eu lieu devant la DRASS ; une délégation a été reçue par le Directeur régional.

De nombreux salariés de l'action sociale et médico-sociale des 3 départements se sont rassemblés devant les locaux de la DRASS de Basse Normandie. Ils ont rejoints leurs collègues de la santé qui manifestaient contre la Loi Bachelot. Pour ceux qui ne connaissent pas l'endroit, disons que la DRASS est un vaste bâtiment retranché derrière de hautes grilles qui la protègent des indésirables. D'une certaine manière, la configuration des lieux représente une certaine conception du rapport entre citoyens et  administrations...

Une délégation a été reçue par le Directeur régional de la DRASS qui n'a eu de cesse de répéter que les négociations autour de la CC66 relevaient uniquement des partenaires sociaux et que l'Etat n'était pas directement concerné. Manière élégante de s'exonérer de toute responsabilité et de balayer d'un revers de la main les inquiétudes des salariés. On n'en attendait pas moins d'une administration qui s'apparente de plus en plus à une officine ministérielle chargée d'accomplir les basses-oeuvres.


Les salariés de la CC66 ne pourront décidément compter que sur eux-mêmes.
Les prochaines échéances seront déterminantes pour imposer une véritable amélioration de notre convention collective. Il est donc plus que jamais nécessaire de renforcer le rapport de force.

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